Chauffage

Conseils pour installer une pompe à chaleur électrique

Date de mise à jour : 14/09/2022

Mise en garde sur les sociétés d'installation de systèmes de pompes à chaleur et autres systèmes appelés improprement « géothermiques », cet article rétablit toute la vérité sur le secteur de l'installation des pompes à chaleur et la géothermie. Les idées reçues sont souvent dénuées d'objectivité et plus proches du fantasme que de la réalité. Les « énergies renouvelables », c'est l'actualité d'aujourd'hui , mais attention, ce marché porteur attire beaucoup de monde.

  1. Conseils pour la pose d'une PAC
  2. Installateurs douteux de PAC
  3. Le marché de la pompe à chaleur
  4. Questions sur les pompes à chaleur
  5. Le coefficient de performance COP
  6. La pompe à chaleur : non polluante ?
  7. Les pompes à chaleur géothermiques
  8. Précautions pour les PAC géothermiques
  9. La qualité de l'eau essentielle

Installer une pompe à chaleur

La filière de fabrication des pompes à chaleur souhaite, à terme, franchir la barre symbolique des 2 millions d'unités commercialisées annuellement en France. Les résultats récents de ventes de pompes à chaleur sont impressionnants : 837629 air-air commercialisées en 2021 (+3%), 274218 pour chauffage vecteur eau (+51%). Va se poser la question de la production de l'électricité.

Conseils pour la pose d'une PAC 

Quels sont les conseils que vous donneriez pour l'installation d'une pompe à chaleur ?

Ne faites pas l'erreur d’installer une pompe à chaleur sans avoir étudié l’isolation du logement. Il faut d'abord isoler le bâtiment et placer l'équipement de chauffage et non l'inverse. Parce que les pompes à chaleur actuelles n'ont pas de plages de modulations suffisantes pour couvrir les besoins de chaleur. En d'autres termes si vous isolez après l'installation la puissance sera trop importante, la régulation sera compliquée, les performances en baisse avec le risque d'une dégradation prématurée de l’équipement. Bref vous surconsommerez.

Si vous-même ou votre entourage avez un projet d'installation d'une pompe à chaleur, voici quelques conseils de base :

  1. Attention aux sociétés nationales dont le siège se situe dans la région parisienne. 1 Ce sont des entreprises de collectes de données dont le but est de vendre vos coordonnées et et récupérer les primes sur votre dos. 2 Les concessions départementales ne sont pas toujours à la hauteur de la publicité nationale : Il manque régulièrement qualité et savoir-faire.
  2. Le label RGE n'est pas un critère de fiabilité absolu. Il suffit de faire un chèque pour obtenir le label.
  3. Ne signez JAMAIS sur une foire ou un salon
  4. Faites appel plutôt à un artisan local et s'il est sur le salon ce qui est moins courant (les bons ont suffisamment d'activité par bouche à oreille pour se passer des foires-expositions).
  5. Demandez à voir des chantiers de la concession et non de celle du département voisin ou d'un autre installateur.
  6. Exigez une étude thermique pour l'installation d'une PAC (pompe à chaleur) et un engagement écrit des consommations et performances annoncées.
  7. Ne pas verser d'acompte trop important ni d'acompte tout court.
  8. Demandez au moins 3 devis pour comparer.
  9. Si un commercial vous annonce une consommation irréaliste (exemple baisse de 50% de consommation) demandez une étude thermique certifiée qui vous permettra de l'attaquer en justice si le résultat n'est pas là!
  10. Souscrivez à une protection juridique.
  11. Pas d'installation de pompe à chaleur dans un bâtiment mal ou moyennement isolé. Surtout lorsque l'on sort une chaudière à fioul qui fonctionne avec des radiateurs à haute température, même si l'on vous propose une PAC haute température fuyez. Investissez plutôt dans l'isolation. Une PAC ne fonctionne que jusqu'à une température d'eau chaude de 45 degrés idéalement avec un plancher chauffant à basse température (32 -45 °).

La pompe à chaleur appelée clim réversible brasse l'air et les polluants qu'il contient.

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Installateurs douteux de PAC 

Connaissez vous des dérives commerciales dans le secteur des pompes à chaleur ?

Il y en a beaucoup, de nombreux usagers floués nous contactent depuis des années avec toujours le même modus operandi. Un commercial qui promet monts et merveilles puis fait signer des papiers juste pour voir si les personnes sont éligibles aux aides et bien sûr sans engagement de leur part. Il s'agit d'un bon de commande avec un crédit à la consommation qui minimise le montant généralement abusif. Pour les pompes à chaleur, les sociétés douteuses se dénombrent par centaines. La gendarmerie a qualifié le dispositif de crime organisé.

Voici un exemple de dérives commerciales avec un lien sur une association de clients lésés. Collectif France.

Le marché de la pompe à chaleur 

Comment les entreprises nationales développent-elles les pompes à chaleur ?

  • Sites Internet vantant les qualités du produit,
  • Pompe à chaleur à 1 euro heureusement interdit à partir de l'été 2021 (beaucoup de mauvaises pratiques de détournement d'argent public),
  • Actions de publicité et de relations presse menées au niveau national contribuent à la notoriété des enseignes locales.
  • Achats de fichiers de permis de construire.
  • Démarchage téléphonique (même si c'est interdit en France les plateformes se sont déplacées à l'étranger).
  • Mise à disposition de publicité sur lieux de vente (PLV).
  • Catalogue des produits,
  • Book commercial,
  • Ouvrages et publications sur la géothermie et l’aérothermie,
  • Extranet et Hotline technique,
  • Logiciels de calcul développés pour les bureaux d'études qui favorisent fortement les usages électriques,
  • Publicité sur magazines.
  • Présences sur les foires et salons en France.

 

Questions sur la pompe à chaleur 

Pourquoi Picbleu ne classe t-elle pas les pompes à chaleur en "énergies renouvelables" ?

  • Une pompe à chaleur possédant un coefficient de performance (COP) de 3 est présentée comme produisant 3 kWh de chaleur renouvelables pour 1 kWh d’électricité.
  • En apparence, la part de renouvelables semble majoritaire. Il n'en est rien, car l’électricité est une énergie finale déjà transformée ( extraction de l'uranium, transport, fabrication du combustible pour les centrales, etc.) et sa production a généré beaucoup de pertes.
  • Le rendement de la production et de la distribution de l’électricité étant d’environ 30 % en moyenne en France, il aura fallu environ 3,3 kWh de combustibles (uranium, hydraulique, gaz, charbon) pour produire le kWh que consomme la pompe à chaleur.

3,3 kWh de combustibles non renouvelables

Une pompe à chaleur (PAC) avec un coefficient de performance (COP) de 3 utilise donc environ 3,3 kWh de combustibles non renouvelables pour produire 3 kWh de chaleur : c’est à peu près le même rendement que celui d’une chaudière moderne (basse température ou condensation).
Pour que la pompe à chaleur PAC soit renouvelable, il faudrait que la part de renouvelables augmente dans l’électricité consommée, et que le coefficient de performance (COP) soit nettement supérieur à 3.

Plus d'économies qu'avec un chauffage électrique

  • L'avantage des pompes à chaleur est d'utiliser moins d’électricité qu’avec un chauffage électrique à effet joule classique à condition que le logement soit encore plus isolé.
  • Cette électricité provient néanmoins des centrales nucléaires, ainsi que des centrales au charbon ou au fioul lourd lors des pointes de consommations hivernales.
  • La PAC est un chauffage électrique certes performant, mais qui ne peut être classé dans les énergies renouvelables.

Le système de pompe à chaleur géothermique

Mises en garde sur les systèmes de pompes à chaleur géothermiques

  • L’intérêt de ces systèmes est lié à de multiples facteurs, dont la nature géologique du sol ( qui ne doit pas être trop rocheux, trop argileux ou de type remblai).
  • Ce paramètre est parfois insuffisamment pris en compte par les installateurs.
  • Les fabricants et installateurs annoncent des coefficients de performance (COP) de 3,5 ou 4.

Le coefficient de performance COP 

  • Le coefficient de performance COP instantané est mesuré dans des conditions optimales du laboratoire.
  • Il est prévu pour de basses températures de chauffage de l’ordre de 35 °C (plancher chauffant ou ventilo convecteurs).
  • Le COP réel de l’installation, calculé sur une moyenne de l’année, dépend de nombreux facteurs susceptibles de diminuer la performance.
  • Ce coefficient est particulièrement difficile à apprécier, mais tout l’intérêt environnemental et économique du projet dépend de ce coefficient de performance (COP). 

En pratique, le COP réel d’une PAC géothermique est de l’ordre de 2,5 et celle d’une PAC sur air se situe autour de 1,5. Un calcul simple consiste à baisser le COP théorique de 1 à 2 points pour tenir compte des consommations auxiliaires, d’un circuit de chauffage à plus haute température, et de températures externes plus froides.

La pompe à chaleur : non polluante ? 

Une PAC fait elle partie des systèmes non générateurs de pollution ? 

  • Jusqu’à ces dernières années, le fluide frigorigène le plus employé était le R22 dont l’emploi est de théoriquement proscrit.
  • Il contient en effet du chlore puissant gaz à effet de serre dont les effets destructeurs sur la couche d’ozone sont avérés.
  • Le fluide frigorigène R22 est remplacé progressivement par des fluides de substitution, tels les HFC (R407C, R410A et R417A), inoffensifs vis à vis de la couche d’ozone, mais qui constituent de puissants gaz à effet de serre.

Les pompes à chaleur géothermiques 

Dans l’habitat individuel, tous les médias à grand renfort de publi-reportages, de greenwashing et de publicité présentent en ce moment ce système en le présentant comme un chauffage « naturel, écologique, économique et propre » : ces qualificatifs ne sont pas tous justifiés. Il ne faut pas oublier qu'il ne s’agit en réalité que d’un mode de chauffage électrique amélioré.

Une énergie « écologique » ?

Est-ce que la pompe à chaleur « géothermique » est une énergie « écologique » ?

 Les avantages et inconvénients de la pompe à chaleur sont connus :

  • La pompe à chaleur (PAC) consomme nettement moins d’électricité qu’un chauffage électrique classique (à convecteurs, radiants, systèmes d’accumulation, etc.) dans ce cas, le choix est intéressant.
  • Par rapport à une chaudière à combustible classique, la pompe à chaleur (PAC) consomme pratiquement autant d’énergies fossiles ou fissiles qu’un chauffage gaz naturel, propane ou fioul.
  • La pompe à chaleur (PAC) émet moins de CO2 que les chaudières, à partir de la centrale nucléaire, mais pas lors de la fabrication du combustible
  • Inconvénient majeur : elle produit une grande quantité de déchets nucléaires gazeux, solides et liquides dont il est impossible de se débarrasser.
  • Même si de nombreux auteurs minimisent la taille des déchets en les classifiant (suivant leurs émissions de radioactivité) et en les renommant (colis), la prolifération pose un problème environnemental.

Une électricité issue du renouvelable

Les pompes à chaleur (PAC) seront donc vraiment écologiques lorsque leur rendement réel sera nettement supérieur à 3, et qu’elles consommeront une électricité majoritairement renouvelable.

Précautions pour les PAC géothermiques 

Quelles sont les précautions à observer pour les pompes à chaleur « géothermiques » ?

Les capteurs horizontaux appelés improprement « géothermiques » sont souvent posés à 60 ou 80 cm de profondeur, parfois même moins.
En cas d’hiver très rigoureux, dans les régions froides ou les régions d’altitude, le sol peut parfois geler à cette profondeur : dans ce cas, la PAC consomme beaucoup, mais chauffe peu ! Il est donc préférable comme cela arrive précisément lorsque les températures sont négatives (en dessous de zéro), dans ces régions froides ou situées en altitude, de prévoir un appoint (par exemple une cheminée avec foyer fermé), sous peine d’avoir un chauffage très insuffisant.


Les capteurs doivent être enterrés à plus de 1 mètre de profondeur afin qu’ils restent hors gel. Mais dans tous les cas, la meilleure solution est d’isoler le bâti de façon à limiter les déperditions et donc de moins consommer d’énergie.

La qualité de l'eau essentielle 

Tableau donnant les valeurs limites de différents critères d'évaluation pour la qualité de l'eau des forages. Elle permet d'apprécier les risques induits pour les échangeurs thermiques intégrés à une pompe à chaleur.
 
+ : pas de problème
 - : acceptable
0 : déconseillé

Valeurs mg/l 
Ammoniaque

<2 +
2 à 20 -
>20 0
Chlorure  <300 +
>300 -
Fer dissous  <2 +
>2 -
Acide carbonique <5 +
de 5 à 20 -
>20 0
Manganèse dissous <0.1 +
  >0.1 -
Nitrate NO2  <100 +
>100 -
Chlore >1 +
de 1 à 5 -
>5 0
Teneur 02  <2 +
>2 -
Sulfure hydrogène  >0.05 +
>0.05 0
Bicarbonate 1 <1 -
>1 +
Bicarbonate 2   <70 -
de 700 à 300 +
>300 -
Aluminium  <0.2 -
>0.2 +

1 Bicarbonate (HCO3/Sulfate SO4 2-)
2 Bicarbonate HCO3

 Sources Règles de l'art Grenelle Environnement 2012

Information 05 64 11 52 84

(prix appel normal non surtaxé)